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INTRODUCTION
Sommaire
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Des textes, écrits au jour
le jour, en fonction des circonstances,
relatives le plus souvent aux rencontres, aux voyages, physiques
et mentaux,
qui contiennent des commentaires que je me fais à moi-même,
et parce que
je suis un incorrigible bavard, que je transmets à mes
proches amis.
Je place ces textes, ici, pour eux que je peux nommer, et aussi
pour vous,
lecteurs lointains et inconnus vers qui mes Ecrits peuvent voler
aussi.
signé Louis@Garden
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Exposition
et révélations.
Une sortie en ville
Samedi 23 janvier 99
Sommaire
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Rencontre avec Ernest
Pignon-Ernest.
Ce samedi, nous sommes partis,
mon épouse, mes 2 enfants, Clément et Sylvain,
et moi, assister à l'inauguration de l'exposition des
oeuvres du peintre Ernest Pignon-Ernest, et plus précisément
ses affiches de spectacles, en centre ville, à Bourgoin-Jallieu,
(dans une ancienne halle transformée en lieu d'exposition).
Outre l'exposition proprement dite,
d'une moitié de ses productions d'affiches (70 environ),
le plus intéressant était la réunion du
public et de l'auteur et des discussions qui ont eu lieu entre
eux.
Je l'ai trouvé, personnellement,
d'une modestie (pas mièvre) dans les explications qu'il
a donné de ses intentions picturales.
Surtout intéressant car
cela m'évitera à l'avenir des confusions que je
pouvais faire jusqu'à présent en voyant les photographies
de certaines de ses oeuvres qui, elles, sont placées,
depuis plus de 20 ans et exclusivement, sur la voie publique.
Ce peintre produit des oeuvres
originales, des sérigraphies monochromes, de personnages
placées en situation, dans le décor urbain : Mur
d'édifices religieux dans tout Naples,
cabines téléphoniques dans Lyon.
Les photographies rapportées
de ses oeuvres en situation ne lui plaisent pas tant que ça,
car elles imposent un cadre dont il a voulu se détacher
et imposent un point de vue unique qui respectant "à
la lettre" la perspective que comporte le dessin, crée
une illusion de (trop grand) réalisme qu'il n'a jamais
eu l'intention de mettre dans le rapport de son oeuvre et du
décor-support sur lequel elle est collée.
- La distanciation oeuvre-support,
artiste-monde réel, est une de ses intentions fortes et
(même si) ses oeuvres sont essentiellement politiques:
- Profils-ombres d'homme flashé
par un éclair atomique, sur tout le plateau d'Albion au
moment de l'installation des silos de fusées en Provence.
- Famille derrière des
barreaux, plaquée tout le long d'une rue à Nice
lors de la visite de ministres sud-africains, pendant l'apartheid,
- Rappel des affiches syndicalistes
sur les murs de la nouvelle Bourse du Travail à Grenoble
dont les murs vides oubliaient les luttes passées, etc...
Le spectateur, d'après l'auteur,
doit découvrir ses oeuvres, ne pas les confondre avec
la réalité, même si, à un moment précis,
l'illusion est parfaite du mélange, un moment fugitif
qui renvoie, à la seconde suivante, à la réalité.
La photographie, souvent très
monochrome, en situation de perspective exacte sur le dessin,
cadre, fige, éternise un moment qu'il a voulu fugitif,
éphémère, distancié, non réaliste.
N'ayant vu, jusqu'à présent que des photographies
de ses oeuvres, j'avais admiré, crétin que je suis,
justement cet aplatissement comme une intention de l'artiste.
Elle n'était que l'intention du rapporteur, du photographe
que je confondais avec l'artiste initial, réel de l'oeuvre.
Dommage... et tant mieux je ne
mourrai pas idiot, car j'ai rencontré l'auteur et ses
intentions réelles.
Son avis sur certaines oeuvres
contemporaines qui ne sont créées et destinées
à trôner d'abord (et seulement?) dans des salles
d'expositions, renforce encore cette attitude volontaire et claire.
A ce propos, ses oeuvres dans la
ville de Lyon (cabines téléphoniques) sont exposées
dans le pavillon "le Rectangle" (ex Maison de Lyon),
placé sur la place Bellecour.
J'y vais ce mardi. Qui m'aime me
suive!
signé
Louis, simplement vrai spectateur.
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